Les zombies débarquent…Viens te réfugier au New Morning le 18, 19 et 20 Janvier prochain…
Ces belles paroles, soigneusement prélevées sur le site officiel de La Scred Connexion, annonçaient le plus gros événement Rap Underground Français de ce début d’année 2019; Le Scred Festival, 4e du nom.
Et, comme lors des 3 précédentes éditions, c’est au New Morning, salle du 10e Arrondissement de Paris, plutôt habituée aux ambiances Jazzies, que vient s’entasser la crème du « Vrai Rap Français Impertinent».
Après avoir déjà accueilli une large flopée d’artistes incontournables, tels que Mac Tyer, Arsenik, TSR Crew, Swift Guad, A2h, La Rumeur, Rocca et j’en passe, cette nouvelle soirée s’annonçait, une nouvelle fois, grandiose.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ces nombreux poètes n’étaient pas venus tirer à blanc.
Retour sur un grand moment de Rap Français, à guichets fermés.

 

 

 

 

LAISSE TA HAINE AU VESTIAIRE

 

Généreusement invité à cet évènement par Fanny Polly, la toute première signature féminine de la Scred Connexion, c’est, tout naturellement, vers le bar et ses pintes à 8 euros, que commence une bien belle soirée.

L’ouverture du bal, c’est DJ Idem qui l’assure. Il est, alors, un peu plus de 19 Heures.
Du scratch, du BoomBap, des classiques de Rap US comme KRS One, ODB, Dr Dre, … et une invitation à la légalisation de notre chère et tendre Marie-Jeanne sur du bon vieux Raggasonic.
Un environnement des plus propices à l’éveil des sens.

Formidablement annoncé par Mac Manu et YKA Soldat, animateurs du Festival, D.I, membre du groupe Barbès Clan, est le premier rappeur à se jeter dans l’arène. Kickage, dédicaces aux gilets jaunes et lynchage lyrical envers nos si loyaux politiciens; le ton est donné.

Il sera rapidement remplacé, sur scène, par Kwans, et son backeur N.O.H, venus apporter de bonnes vibes, du chant et des flows à la pelle.

Puis, afin de défendre son prochain projet « Stéréotypé », c’est au tour du rappeur sétois, Mono, de venir offrir une bonne dose de soleil à cette froide nuit parisienne.
Accompagné de Sprinter, ex membre du groupe Les Grandes Gueules, ils sont très vite rejoints par leur acolyte de toujours, Rachid AKA Demi-Portion pour l’un des moments les plus intenses de cette soirée.
Le public, déjà conquis, finit par exploser en voyant Koma et Mokless, membres éminents de la Scred Connexion, agrémenter de nouvelles saveurs ce moment si particulier.
Plus joyeux qu’un minot à EuroDisney, Monotof a, alors, du mal à quitter la scène, sauf quand il s’agit de descendre dans la fosse, pour rapper au plus près de ses supporters.

Il finira, tant bien que mal, par céder sa place au groupe Ul’Team Atom. Emmenés, notamment, par les rappeurs Grödash et Fiaks Niavo, les rappeurs essonniens cristallisent la salle avec une forte dose de testostérone.

 

 

 

ON VIT ENSEMBLE

 

 

Après une interlude DJ’s, permettant au public de se remettre de toutes ces émotions, vient le tour de notre généreuse hôte, Fanny Polly.
Accompagnée de sa troupe de charmantes danseuses, X Pression d’Arts Corps, la niçoise ramène, enfin, de la féminité, dans ce monde de brutes et son auditoire à très forte dominante masculine.
Si le New Morning n’a pas su fournir à Fanny les moyens pyrotechniques de Beyonce au Superbowl, c’est, avec une énergie débordante, qu’elle offre un vrai show de qualité, pour le plus grand plaisir de ses fans.
C’est finalement, par un Feat. surprise avec Demi-P, de retour sur scène pour interpréter leur morceau commun « J’ai pas les mots », qu’elle achèvera sa longue représentation.

Acclamée à sa sortie de scène, elle est, alors, remplacée par l’OVNI de la soirée.
Et ici, l’OVNI ce n’est pas JUL mais Prodige Talkbox. Une sorte de Will Ferrel descendu de l’espace pour reprendre des classiques West Coast, chicha futuriste au bec, en guise de vocoder.

Retour sur Terre.
Le rappeur Melan vient, alors, représenter sa ville rose, avec le talent et la fougue qu’on lui connaît.
Trouvant, peut-être, les tarifs du bar trop élevé pour des « sans-dents », il se transforme rapidement en distilleur de Vodka, afin d’abreuver un public déjà bien chaud.

 

 

 

COUP D’BLUES

 

Cependant, malgré cette chaleur ambiante, l’audience va rapidement déchanter.
En effet, après le passage du groupe parisien LTF, composé, entre autres, de Lpee, So’Clock, B-Biface et M le Maudit et, alors que le spectacle est, une nouvelle fois au rendez-vous, la fin de leur concert donnera suite à une longue interruption.

Les problèmes de sons seraient causés, d’après la version officielle, par une abondance de fumée (verte) dans la salle.
Comme quoi, la légalisation de la Ganja n’a pas que du bon…

Le temps se fait un peu long et pousse une partie du public à quitter les lieux.
Mauvaise idée.
Les plus fervents passionnés en auront encore pour leur argent et surtout pour leurs esgourdes.

 

 

 

 

LE BONHEUR

 

 

Une fois ces problèmes techniques résolus, c’est une partie du collectif lyonnais, L’Animalerie, qui débarque sur scène.
Accompagné du génie producteur Oster Lapwass et du guitariste Maxime, Anton Serra vient provoquer sueurs froides et AVC chez les rares auditeurs de Skyrock présents ce soir-là. C’est avec beaucoup d’entrain et une forte dose d’humour qu’ils régalent, ainsi, les amoureux de la langue française et du bon Rap.

Une fois leur mission accomplie, c’est à Taipan, l’un des rappeurs les plus sous-cotés de sa génération, de s’emparer du Mic.
Veste Adidas psychédélique, propre à son univers, il rapplique entouré de deux très jeunes backeurs.
Bien que l’annonce de sa présence fut exquise, le show peine à décoller. La faute, notamment, à des problèmes de sono et un public trop peu sensible à sa musique, la panne de bédave n’arrangeant pas les choses.
Très professionnel il continue, néanmoins, d’assurer le spectacle en interprétant des morceaux de son dernier excellent EP « PAN 2 », ainsi que certains de ses classiques comme « Cramme un gramme » et « Ma femme fume ».

En fin de compte, le public était, peut-être, trop impatient de voir la suite.

Car, vint alors, le concert le plus attendu de la soirée, en guise de récompense ultime pour tous ceux et celles ayant chié sur leur permission de Minuit.
Introduits par un DJ Idem en feu, le groupe ATK, pur produit parisien, vient fêter son grand retour et les 20 ans de leur blueprint, « Heptagone ».
Emmenés par un Testos déchaîné, Axis, Cyanure et consorts embrasent la scène du New Morning à grands coups de classiques et d’extraits de leur tout dernier album, « On fait comme on a dit ».
Si l’ambiance est à la fête, ces grands messieurs n’oublieront, en aucun de cas, de rendre de nombreux hommages au regretté Fredy K qui, s’il a pu observer ça de là où il est, doit être très fier de voir que son équipe de vaillants soldats n’a pas pris une ride.
Après avoir été rejoints, une dernière fois sur scène, par Ul’Team Atom, un dernier hommage est rendu au dénommé Alfred Zadi.

 

 

 

ÇA PART EN…

 

 

Il est alors plus d’1H du mat. Et, il ne reste là, plus que quelques derniers valeureux mélomanes.

Le clou du spectacle sera planté par I.N.C.H et le rappeur parisien Aguirre venus assurer un « After » totalement déluré.
A coups de grosses basses et de vannes salaces, les deux protagonistes transforment la fosse en champ de guerre, dans une ambiance très Punk, aux pogos incessants.
De plus, et comme si l’atmosphère n’était pas encore assez sale, Cenza monte sur scène, à l’improviste, un jour seulement après la sortie de son dernier chef d’œuvre « Tout droit sorti de Montreuil ». Accompagné de Seiya et de nombreux autres rappeurs, ils démontent la prod. pour un dernier freestyle légendaire.

Il est presque 2 Heures, après un dernier pogo, tout le monde peut, enfin, rentrer chez soi, les oreilles bourdonnantes et des étoiles pleins les yeux. Certains les côtes brisées.

Les plus chanceux pourront remettre le couvert le lendemain soir en venant s’enjailler sur une toute aussi belle Lineup, composée de Flynt, REDK, Kacem Wapalek, Daddy Mory, Fdy Phenomen, et bien d’autres.

 

 

 

Face à la tendance, la Scred Connexion a encore pris la bonne direction, offrant au public du Scred Festival #4, une soirée riche en émotions, provoquées par une pléthore d’artistes de qualité, « reconnus comme Rocco nu ».
Pour tous ceux et celles qui n’auraient pas eu l’honneur d’y participer, nul doute que cette 4ème édition en amènera d’autres, le festival semblant doucement s’installer comme une institution.
En attendant l’année prochaine, je profite de cette tribune pour remercier, une dernière fois, Fanny Polly de m’avoir convié à ce grand moment de Rap Français.
Big Up à Paul. Big up à la Scred Connexion. Mokless, Koma, Haroun, Morad, Nodey, DJ Simsima.
Fabe tu nous manques.
R.I.P Fredy K.

 

 

« Le genre qu’on gère est un mystère qu’ils ont pas découvert »

 

 

@Loïc Sgr.