Pour cette nouvelle interview, nous avons eu le plaisir d’échanger avec KillASon, l’un des artistes les plus complets et talentueux de sa génération, qui ne tardera probablement pas à tourner dans toutes les vagos et les différentes playlists musicales mondiales.
Pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, Marcus, de son prénom, est à la fois, danseur, rappeur, chanteur, ambianceur, auteur, compositeur et aussi dessinateur. Un putain d’artiste en somme qu’on ne serait même plus surpris de voir, un jour, devenir Président‑Astronaute !
Après avoir écumé les différentes scènes de Battles Hip‑Hop, KillASon a dévoilé son premier EP de rappeur début 2016, avant de sortir STW1 en 2017, puis sa suite, STW2 en Janvier 2018. A travers ces premières ébauches, le jeune MC parisien a déjà offert au public une large palette musicale proposant ainsi influences et sonorités Rap, Electro, Pop, Rock et Reggae, avec une énergie débordante.
Le voilà désormais confronté à Musique Urbaine pour nous parler musique, danse, cinéma, mais aussi Panthère Noire…

 

 

 

 

MU: Salut, tout d’abord, merci beaucoup de bien vouloir répondre à cette nouvelle interview pour Musique Urbaine.
Tu n’as pas encore 25 ans et, pourtant, quand on observe ta carrière de près, on croirait que tu as déjà eu plusieurs vies. Quel est ton secret pour être présent sur tous les fronts ? Tu peux avouer maintenant, il y a forcément une Salle du Temps installée quelque part chez toi…

K: Merci. La salle du temps, c’est mon lit. Mais je n’y suis pas souvent hélas ! Je me dis que, dans la vie, il faut tout faire tant que ta santé reste dans le vert. J’ai beaucoup de volonté donc je ne lâche pas ce que j’entreprends.
Et l’école m’a aussi permis d’avoir un esprit organisé.

 

MU: A l’instar de Kylian M’Bappe, autre artiste parisien alliant talent, maturité et énergie positive, tu travailles en étroite relation avec ta famille, avec qui tu as créé un label. Pourrais‑tu nous en dire plus sur ce label et ta motivation à bosser pour ton compte, plutôt que de signer pour une grosse maison de disque avec tous les raccourcis que cela comporte, notamment en termes d’exposition et de moyens ?

K: M’Bappe j’le tape en sprint et à la baballe ! (Hahaha) C’est un tueur. Anyway.
On a démarré SUPANOVA en 2016, avec ma mère, Julie Dossavi, mon beau‑père, Yvan Talbot et Charlotte Corre, une amie de longue date de la famille. Nous sommes producteurs (label), éditeur musical (gestion des droits d’auteur et compositeur en GROS) et on produit également des shows.
Je suis président, ma mère est COO (Chief Operating Officer), el beau padre CTO (Chief Technical Officer) et Charlotte est label Manager. Quant aux artistes signés il y a « D » et moi‑même, KillAson. Le label est plutôt orienté Hip‑Hop et Electro mais on reste, néanmoins, très ouvert dans nos choix artistiques.
Sinon, nous ne sommes pas du tout fermé à la collaboration avec les majors. Cependant, cela se fera obligatoirement avec mon label et mon équipe.
You take the whole pack or you leave! Haha.

 

MU: Tu as commencé ta carrière artistique par la danse, est‑ce que tu envisages encore de participer à des compétitions ou tu comptes plutôt, désormais, te servir uniquement de cette compétence pour enrichir ton univers musical, que ce soit à travers tes clips ou tes représentations scéniques ?

K: Je fais ce qu’on appelle du Hip‑Hop/New Style, c’est majoritairement de la danse debout (exemple les Twins). Je continue les compétitions (que l’on appelle Battles) en tant que juge ou en y participant. J’étais, notamment, en Espagne début Novembre.
Ça fait 12 ans que je fais ça et je ne vais pas lâcher ! Mes groupes de danses ; WANTED POSSE & UNDERCOVER sont mes 2e familles. On ne fait pas uniquement que danser mais c’est important de partager des moments de danse.

 

 

MU: Et justement, parmi tous les arts que tu pratiques, quelle est la discipline qui te fait le plus kiffer ?

K: Question supra difficile… C’est la conjugaison de tout qui me fait le plus plaisir. C’est donc les clips et les petites vidéos insa. Il y a la musique et le corps, c’est le feu.

 

MU: Lorsque l’on écoute ta musique et qu’on observe les visus et l’énergie apportée dans tes différents clips, on t’imagine aisément en « KillA Scène ». Et quand je parle de concert, je te parle d’un vrai show d’bâtard à la Will I AM ou KIDS SEE GHOST !
Quelle est ton rapport à la scène et ton ambition dans ce registre ? Tu cites souvent Michael, ça doit forcément te faire rêver en tant que danseur/chanteur de pouvoir offrir ce genre de prestations…

K: Le live c’est mon bail ! J’adore ça ! C’est dur, mais les sensations sont extras et je peux y montrer tout mon potentiel.
Je n’ai qu’une hâte: c’est de percer pour faire un OMEGAGIGA Show avec danseurs, musiciens, créa light et autres ! Nous avons trop d’idées. Quant à MJ, bien sûr, il fait partie des premiers à m’avoir mis des paillettes dans les yeux.

 

 

MU: T’as également un pied dans la mode, est‑ce que tu pourrais revenir là‑dessus? Nous expliquer ce que tu fais précisément dans ce milieu et comment t’aimerais y évoluer ?

K: Je n’ai pas vraiment de pied dedans mais j’adore la sape. Mon grand‑père était tailleur dans la marine. Je collabore avec pas mal de marques, notamment via Insta, et j’ai aussi beaucoup d’amis avec des marques à qui je donne la force (Dédicace Hollogram Clothing & Léandre Le Rouge).
Aussi, j’ai eu l’opportunité de faire un défilé durant la Fashion Week de Londres en Janvier 2018 pour le designer Bobby Abley. Expérience à refaire.
Mais je ne suis pas modèle et je n’aspire à rien de plus poussé dans ce milieu, pour l’instant. On verra bien…

 

 

MU: Bien que ta carrière dans le rap en est encore à un stade embryonnaire, tes vues n’ont pas encore totalement décollées, alors qu’on voit, aujourd’hui, des artistes péter des scores hallucinants en bien moins de temps (Exemple Koba la D, Marwa Loud en France ou encore 6ix9ine, Lil Pump, à l’international…).
Tes deux premiers EPs, bien que très riches musicalement, n’étaient peut‑être pas très simples à entendre pour un public peu averti. Mais quand on écoute, par exemple, le morceau ‘Free’ sur STW2, le refrain est clairement un hymne qui a tout pour passer en radio, tout comme le délire que tu amènes avec ton dernier morceau ‘Magnifik’.
Qu’est‑ce qui, selon toi, t’empêches aujourd’hui de toucher un public plus large ? Quelle est ta position par rapport à ça et à l’industrie ?

K: Alors là, c’est ZE question du moment haha !
Tu sais, c’est un secteur si imprévisible… Demain tu peux poster l’interview, puis un événement des plus anodins me fera percer en un rien de temps, 2h après.
La clé de tout ceci, c’est de ne jamais lâcher, surtout quand tu as l’impression d’être au plus bas. C’est à ce moment là que le fruit du travail paie.
Puis, niveau industrie : je fais du rap. Ça a beau être le style qui vend le plus, on nous regarde toujours un peu bizarrement…
Aussi, je rappe majoritairement en anglais, alors que nous sommes dans le pays du Rap français. Et ça, ça fait flipper. Si je faisais de la pop, ce serait sûrement différent. Donc je dois me faire tout seul, charbonner jusqu’à atteindre ce 1% qui me fera percer.
Et concernant mon travail, il est vrai que mes 2 précédents EPs étaient plus subtiles à aborder, car très riches niveau styles. Je suis fier de cette large palette artistique et, maintenant, je sais où je vais pour mon 1er album.
Merci pour FREE ! Il a le potentiel pour devenir fort! Un morceau ne meurt jamais… Puis, qui sait ? Dans quelques mois ce sera peut‑être au top des Charts Worldwide. Positive vibe !
Quant à Magnifik, j’espère qu’il va continuer de vivre comme il le fait.

 

 

MU: Justement, tu chantes quasiment exclusivement en anglais, est‑ce que tu envisages plus une carrière à l’internationale ? Quels sont aujourd’hui, hormis la France, les pays les plus contaminés par Killason?

K: Franchement, je ne sais pas trop. En Europe de l’Est, ça fait bien sa route. Aux US, c’est encore balbutiant, en Angleterre aussi. Je ne suis pas encore assez balèze en poids Streams ou vues pour bien pouvoir répondre à cette question. Rdv dans quelques mois…
Puis, aujourd’hui, il n’y a plus de frontières au niveau de la langue. Tout peut cartonner. So oui, l’international fait partie de mes objectifs.

 

MU: Après ces 3 premiers EPs, tu envisages naturellement la sortie d’un premier véritable album pour 2019. Qu’est‑ce que tu comptes apporter de plus que ce que tu as déjà réalisé auparavant en termes de musicalité et de visus ?
Aussi, pourrait‑on, pour la première fois, te voir collaborer avec d’autres artistes sur l’un de tes projets ?

K: Carrément, il y aura des Feats ! Pour l’album, je n’ai pas une immense prétention. Il sera très bien produit musicalement, en termes de compositions, d’arrangements. Niveau lyrics aussi, je travaille sur de belles figures de styles et il y aura des histoires de vies, de ma vie. Ce sera ensoleillé, avec différents niveaux d’écoute:
– en fond sonore, dans la vie quotidienne;
– à fond, en soirée;
– dans ton casque, pour mieux décrypter la musique et les paroles…
Et il y aura bien évidemment des méga clips trop bien pour illustrer ceci !
J’ai des idées davantage monumentales, mais ce ne sera envisageable que lorsqu’ il y aura assez d’oseille pour déplacer une panthère noire dans une fusée Space X pour un plan de 3 secondes !

 

 

MU: Ahah! Pour finir, on va donc maintenant se projeter dans l’futur, tah Marty Mcfly, pour aller rejoindre ta panthère noire…
En très peu de temps tu as donc déjà touché à la plupart des disciplines afférentes à la culture Hip‑Hop. Est‑ce qu’on pourrait, un jour, te voir au cinéma ? Je ne souhaite pas te cantonner à un registre, mais pourrait‑on, enfin, avoir un vrai film français de danse Hip‑Hop type « Street Dancer » et, si possible, sans Matt Pokora dans le rôle principal mais plutôt avec Marcus Dossavi‑Gourdot?

K: Haha. J’adore le cinéma ! A terme, j’aimerai beaucoup produire des films.
Là, je vais faire une courte apparition dans le film « Quand Tu Danses », en 2019. Après, pour un premier rôle, il va falloir être patient je pense, mais je n’hésite pas à sauter sur les occasions qui se présentent. Elles sont principalement centrées sur le Hip‑Hop mais j’aimerais beaucoup jouer dans un film qui n’a rien à voir !
Mais ouais, quand Street Dancer (You Got Served) est sorti, c’était le feu ! Après, je ne sais pas si on peut réussir à faire un bon film de fiction basé sur la danse sans une trame davantage travaillée, qui se focaliserait plus profondément sur d’autres aspects humains. Bien souvent, les scénarios sont pas oufs…
Ou alors, c’est des documentaires type Rize qui sont des chefs d’œuvres. C’est difficile, on l’a bien vu avec The Get Down… Il faut trouver la bonne recette. Peut‑être que j’y apporterai un ingrédient !

 

 

MU: «En tout cas on te le souhaite», Merci pour tout. Un mot, une dédicace à placer pour boucler l’interview ?

K: Allez Téma tous mes clips, ils sont Magnifik !! Haha
Grosse dédicace à Undercover, Wanted Posse et ma famille. On est ensemble. Big Up à toi. Buvez de l’eau et souriez la famille.

 

 

Loïc Sgr X KillAson